L’hypoglycémie réactionnelle ou le pancréas hyperactif


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Nous avons réalisé que notre fille faisait de l’hypoglycémie lorsqu’à l’âge de deux ans, en pleine nuit, elle est venue nous rejoindre en rampant pour nous dire qu’elle avait faim ! Comme j’en ai souffert toute ma vie (particulièrement durant mon enfance et mon adolescence), j’ai tout de suite saisi de quoi il était question. En discutant avec notre médecin de famille, nous avons également compris que les corps avec une faible masse corporelle (sans trop de gras, donc sans réserve) réagissent plus à l’hypoglycémie. -Lorsqu’il y a un manque de sucre parce que le pancréas s’est trop énervé, le corps va chercher ce dont il a besoin dans le gras.-

Notre compréhension et ma maîtrise du sujet étant plutôt limitée, ce fût donc pour moi une magnifique occasion d’approfondir le sujet et par le fait même améliorer ma qualité de vie en plus de celle de ma fille. Quelle révélation!  Nous avons découvert qu’il est possible de vraiment bien gérer notre alimentation afin de ne plus avoir de crise d’hypoglycémie! À la maison, il n’y a pratiquement plus de sucre.  Il est systématiquement coupé du 2/3 dans les recettes (voir plus), les yogourts assaisonnés sont coupés du 2/3 avec du yogourt nature, il n’y a plus de jus (ou dilué avec de l’eau 1:6), de biscuits, de confitures de l’épicerie et le lait de soya est sans sucre. Oui, nous cuisinons beaucoup, presque tout (jusqu’à la crème glacée, en passant par les confitures)! Du coup, nous apprenons à améliorer et mieux maîtriser certains effets désagréables : l’impatience, l’anxiété, la difficulté de concentration, les colères, etc. Tout cela peut s’améliorer simplement avec une alimentation adaptée, merveilleux!

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L’hypoglycémie, c’est complexe à gérer et à expliquer à l’entourage.  Les réactions surviennent plusieurs heures après l’absorption de sucre et les effets chez les enfants s’apparentent souvent (ici) à des problèmes de comportement ou à de la fatigue.  C’est après plusieurs semaines (voir 2-3 mois) sans consommer de sucre (ou presque) que nous avons pu constater que la paix régnait dans les petits corps sensibles.  C’est également difficile de refuser que ton enfant prennent un cornet de crème glacée lors d’une sortie ou un morceau de gâteau d’anniversaire d’un ami! Après tout, ce ne sont pas des allergies et il faut bien célébrer la vie! Les conséquences sont quasi inévitables et c’est toujours triste de voir un enfants être mal dans son corps et ne plus se comprendre pour quelques minutes d’extase. Les effets se ressentent parfois sur plusieurs jours et même jusqu’à une semaine (ex. retour de visite à l’extérieur ou du temps des fêtes! ;)

A. (6 ans) est impliquée au premier chef dans ces apprentissages.  Mot d’ordre : conserver une relation saine à l’alimentation! Nous laissons nos enfants manger selon leur appétit, mais en s’assurant de leur offrir de quoi manger à toute les 1h30 (oui, c’est exigeant à la longue).  – Des légumes crus, des craquelins santé, des fruits pas trop sucrés, du fromage, nos meilleures amies les noix, bref de la variété, mais sans sucre! Nous n’attendons pas qu’ils nous disent « j’ai faim! », car c’est souvent trop tard.

Lorsque des malaises surviennent (ex. pas assez déjeuné qui engendre faiblesses, impatience, mal de coeur, visage qui blêmit, etc.) nous questionnons rapidement tout en accueillant au mieux sa réaction « Pourquoi crois-tu que tu ne te sentes pas bien? ».  Comme le malaise hypoglycémique ne passe pas tout seul on propose immédiatement une collation avec des fibres et des protéines après avoir donné un petite quantité de sucre rapide  -voir illustration Crise d’hypo-.  Évidemment, il est préférable que l’alimentation soit bien géré afin d’éviter les crises.

Dans le cas d’une tentation, on lui demande « Tu connais les conséquences, est-ce que tu penses que ça vaut la peine? » et « Peut-on trouver ensemble une alternative qui te ferais plaisir? »

Le sport vient également complexifier l’affaire en engendrant une demande plus grande en énergie! Pas question de se priver de cet aspect si essentiel à une vie équilibrée!  Avant la période de sport (si c’est prévisible) nous proposons des glucides (un sucre)  à rapidité moyenne avec des protéines : un fruit frais avec quelques noix par exemple. Pendant la période de sport (vélo, soccer, trampoline sur une longue période, etc.) nous proposons des fibres/protéines : des noix, un smootie contenant du tofu mou et du lait d’amande, des craquelins multigrains, un oeuf cuit dur, un morceau de fromage, etc.

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Les éléments qui nous permettent de célébrer la vie? Le chocolat (notre 2ième meilleur ami!), blanc, noir et toujours le moins sucré possible (voire sans sucre).  Les smooties cuisinés avec des fruits congelés (ici, du maraîcher de Roberval M. Lévesque). Des chips à l’occasion, du beurre, de l’eau pétillante (avec une larme de jus d’orange) et de la variété dans l’alimentation! Des pains de toutes sortes, des goûts nouveaux à toutes les occasions et un potager généreux pour y piger dedans!  Nous n’utilisons pas le principe de se récompenser avec de la nourriture… ou si peu. Nous optons plutôt pour le plaisir de la table dans ses multiples facettes et expérimentations!

Bref, notre vie sans sucre nous offre un meilleur confort dans l’ambiance familiale et nous permet de développer une approche saine à l’alimentation.  Cuisiner, prendre le temps de manger, découvrir de nouveaux goûts et être à l’écoute de notre corps!

Je vous laisse sur ce sympathique vidéo de la pétillante Isabelle Filliozat.

Chez-vous, quel rapport entretenez-vous avec le sucre?

 


 

Compléments

L’ABC de l’hypoglycémie (Une pillule, une petite granule).

– Un article simple et clair sur l’alimentation lié à l’hypoglycémie réactionnelle est disponible ici (Passeport Santé).

– Il existe une Association des hypoglycémiques du Québec, il y a de bonnes informations, mais personnellement, je les trouve un peu intenses.

-Voici un exemple de courbe de la gestion des sucres et la chronologie de la gestion des sucres

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– D’autres illustrations sur l’hypoglycémie

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3 thoughts on “L’hypoglycémie réactionnelle ou le pancréas hyperactif

  1. Super article ! J’ai découvert mon hypoglycémie il y a 3 ou 4 ans et depuis, wow ! Je me comprends beaucoup mieux ! J’ai grandit en adorant le sucre et j’en mangeais à toutes les heure ou 2 heures, puisque je « repognais » toujours un down après en avoir mangé une, deux, trois fois. J’ai eu un copain qui faisait de l’hypo et il m’a fait réaliser que j’étais absolument pareil comme lui! Alors, quand ça feelait pas, on lâchait toujours : « Je pense que t’es en hypo » ;)

    J’ai trouvé très compliqué le fait de faire comprendre ça à mon entourage (ma famille, mon chum d’après). Surtout qu’il faut se justifier pour luncher avant le repas, parce que sinon on est pu du monde et cuisiner devient un carnage. Même après un an de vie commune, mon copain me le reprochait encore. J’ai fini par m’en foutre, puisque pour moi (et pour lui), ça changeais beaucoup sur ma qualité de vie de ne pas avoir à manger mes mots pour pas dire n’importe quoi par irritation ou éviter une dispute.

    Depuis quelques mois, j’ai coupé encore d’avantage le sucre que je le faisais déjà et s’il m’arrive de manger quelque chose de très sucré, je le sens me monter à la tête et je suis étourdie en quelques minutes. Je vois comment mon corps endure encore moins le sucre qu’avant. j’avais crée une sorte de tolérance malgré tout.

    Je suis vraiment heureuse d’en être rendue là, libre du sucre. Je me laisse manger des fruits et du chocolat, mais le reste à pris le bord en général. J’évite ainsi les trop grandes vacillations d’insuline. De plus, j’ai une meilleure gestion de mon poids. Le seul moment ou je rechute parfois, c’est dans mon SPM du mois ;) On dirait que ça passe mieux dans ce temps là. Un petit réflex que j’arriverai à travailler avec le temps.

    Bonne chance de votre côté !

    1. Super démarche Émie-Gail! Bravo! Il y a du sucre partout, c’est un vrai défi de tenter de s’en passer. Mais sortir de ce cercle infernal qui alterne les « high » et les « down » est une vrai libération! Une amie biologiste m’expliquait que les envies de sucre viendraient en grosse partie d’une bactérie, une des bonnes (malgré tout) qui habite naturellement dans notre intestin. Se serait cette mégalomane qui parasiterait les bonnes envies avec des envies sucrées afin de se multiplier et devenir plus nombreuses! Par chance, en réduisant le sucre, elle et ses copines deviennent inversement moins nombreuses et donc, les rages moins fréquentes et moins fortes. Lors d’une envie de sucre, on peut se dire que c’est la faute à cette coquine ambitieuse qui nous utilise pour rencontrer ses objectifs mégalo! Une théorie que j’aime bien. :)

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